samedi 8 février 2014

Lecture : Amok de Stefan Sweig


Résumé :

Calcutta. Un voyageur embarque sur l’Océania pour regagner l’Europe. La nuit cet homme sort sur le pont prendre l’air, au calme. Sa rêverie est troublée par l’irruption d’un inconnu.

La discussion peine à s’enclencher mais finalement le mystérieux visiteur se laisse aller à quelques confidences… Nous apprenons qu’il est médecin, exilé de force en Malaisie après une faute professionnelle. Sa vie là-bas n’a été qu’en empirant : solitude, mal du pays, alcool… bref, il se retrouve dans une sorte de léthargie mentale, dans un ennui profond.

L’arrivée d’une riche Anglaise dans sa vie va tout bouleverser jusqu'à un point de non retour. Cette dame est venue frapper à sa porte avec l’intention de se faire avorter le plus discrètement possible. La bourgeoise pétrie d’orgueil énerve le médecin qui souhaitait un peu plus de considération. Une proposition indécente du docteur va clore ce rapport de force, la belle blonde tourne les talons et s’échappe. Fou de rage, le docteur part alors à sa poursuite en oubliant morale, bienséance et conscience. Son état incontrôlable le mène en ville où il tente de reprendre contact avec elle. Peu à peu, il reprend ses esprits. Pris de remords, il cherche à s’excuser avant qu'il ne soit trop tard…

Mon avis :

Cette nouvelle écrite en 1922 résonne de modernité et de profondeur tant l’écriture et les descriptions du ressentir du héros sont justes et réalistes. Amok désigne un fou sanguinaire courant et tuant tout être sur son chemin, ce titre retranscrit parfaitement le cas de ce médecin qui prit de passion déraille pour retrouver cette jeune femme. L'analyse profonde de ses obsessions, sa déraison, sa passion plonge le lecteur au coeur du malaise et l’autodestruction humaine.

Ce récit poignant met en scène 2 âmes esseulées à bord de ce bateau perdu entre l’Asie et l’Europe. L’écrivain sait tenir en haleine son lecteur jouant sur une ambiance mystérieuse et oppressante. On se laisse emporter par cette mise en abîme où le médecin se confie à un inconnu comme s’il se livrait à une thérapie. L’auteur (grand ami de Sigmund Freud) s’attache à la psychologie de ses personnages comme l’exutoire de ses propres angoisses. Cette nouvelle dramatique semble présager le suicide de Stefan Sweig et de son épouse, décédés en 1942.

1 commentaire:

  1. Wouah ! Le livre a l'air génial, malheureusement avec tous les livres que je n'ai pas encore lu, si j'en achète un autre ma mère risque de ne pas être tout à fait contente. Merci pour ta (vieille) visite sur mon blog, je repasserais sur le tiens.

    Clémence. xx
    http://fille-au-foyer.blogspot.com

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